Nouvelle pièce de théâtre française à Londres : "Madame Pipi"

Emilie Perraudeau est une jeune fille française qui n’a pas beaucoup dormi depuis qu’elle estEPerraudeau.JPG arrivée à Londres. Elle a fondé un groupe culturel « Art Fabric », elle organise des « Book Clubs » mensuels, elle travaille pour Exchange Theatre, et pour couronner le tout, elle a écrit une pièce de théâtre comique « Madame Pipi » qu’elle met en scène elle-même au théâtre Etcetera à Camden.

« Madame Pipi » est une séquence de scènes poétiques, loufoques et un peu absurdes qui tournent autour du personnage de Madame Pipi et des gens qui la rencontrent dans les toilettes où elle travaille.

Interview expresse avec la jeune auteur et metteur en scène.

FRL : Quelle était l'inspiration derrière Madame Pipi ?

J'ai eu l'idée d'écrire Madame Pipi après une discussion avec un ami. On se disait que c'est un personnage formidable, qui doit voir plein de gens différents. Les toilettes sont un endroit caché, intime où tout est possible !

FRL: Parlez-nous des acteurs qui vont jouer dans votre pièce ? 

La grande majorité des acteurs sont des amis que j'ai rencontrés chez Exchange Theatre. Ils sont amateurs, pour certains et professionnels, pour d'autres. Ils sont très contents et excités de participer au projet.

FRL : C'est votre premier livre et votre première expérience de metteur en scène à cette échelle. Qu'est-ce que vous avez découvert sur vous à travers cette expérience ?

C'est ma première expérience en tant que metteur en scène de mon propre texte, mais j'ai déjà fait de la mise en scène à Paris avant d'arriver à Londres. Le faire avec son propre texte demande beaucoup de recul et aussi de modestie. On doit savoir accepter les changements de textes, mais aussi que les acteurs s'approprient vos personnages.

FRL : Vous étiez très active sur Facebook pour trouver des fonds. Racontez-nous comment ça marche en Angleterre pour financer un spectacle? 

Il est difficile de trouver des sponsors qui fassent confiance à votre projet. Mais avec les nouveaux medias et les réseaux sociaux c'est plus facile de faire parler de soi. J'ai mis en place un « fund crowding », ce sont les internautes qui peuvent soutenir un projet en donnant la somme qu'ils souhaitent. En échange, ils obtiennent des cadeaux. Dans le cas de Madame Pipi, on a offert des places pour le spectacle.

FRL : Vous avez eu plusieurs casquettes : productrice, auteur, metteur en scène. Comment réussissez-vous à jongler entre ces rôles ? 

J'avoue que ça n'a pas ete facile tous les jours. Mais je suis assez organisée et je savais où aller. Finalement, je me suis rendue compte que l'auteur avait terminé son boulot depuis longtemps, il y avait alors de la place pour le metteur en scene. La productrice, elle, opérait les autres jours !

FRL : Si vous deviez donner votre pièce à un metteur en scène célèbre (du cinéma ou du théâtre), ce serait qui ? 

J'adorerais que l'équipe du Splendide la joue! Je vois bien Josiane Balasko dans le rôle de Madame Pipi !

FRL : Le personnage de Madame Pipi, on ne le retrouve plus très souvent... C'est un peu 'old school'. Avez-vous rencontré des "vraies" Dames Pipi en faisant des recherches pour la pièce ? Et si oui, que vous ont-elles raconté? 

 J'adore écrire sur des personnages décalés, un peu perdus de vue. Je n'ai pas rencontré de Dames Pipi, mais j'ai beaucoup observé, je suis allée dans pas mal de toilettes ! Je ne peux pas m'empêcher de regarder attentivement leur travail. Et puis, j'ai aussi fait pas mal de recherches, j'ai lu des articles... Les Dames Pipi sont très populaires en Belgique, par exemple, alors qu'ici c'est plutôt la mort du métier.

FRL: A Londres il y a beaucoup de jeunes metteurs en scène français et acteurs. Il y a à la fois du soutien et de la concurrence. A votre avis, est-ce qu'il y a un style, une école, un genre particulier qui se développe de ce côté-ci de la Manche, dans le théâtre français ? 

Je ne pense pas qu'il y ai un style particulier. C'est vrai qu'on se connaît tous, mais nous faisons tous des choses différentes. Mais le but est toujours le même, divertir le public avec des pièces en français !

Emilie Perraudeau is a young French lady who hasn’t slept much since she has arrived in London. She created a cultural group called “Art Fabric”, she has organized monthly “Book Clubs” and she works for the Exchange Theatre. Last but not least, she has also written a comic play called “Madame Pipi” that she is directing herself at the Etcetera theatre in Camden.

 “Madame Pipi” is a sequence of scenes that are poetic, mad and absurd at the same time. The story evolved around the centre character who is a toilet lady and who encounters various characters in the toilets where she works.

 We caught up with Emily for an express interview a few days before the opening of her play. 

FRL: What was the inspiration behind Madame Pipi ?

I had an idea to write « Madame Pipi » after a conversation with a friend. We thought it would make a fantastic character who would be able to meet very different people. The public toilets is  a hidden and intimate place where everything is possible !

FRL: Tell us about the actors who will act in your play?

The majority of actors are my friends who I met at the Exchange Theatre. Some are semi-professional, other are professional. The are happy and excited about this project.

FRL: It is your first book and your first experience as a theatre director on this scale. What have you discovered about yourself?

It’s my first experience as a theatre director of my own play but I have already directed plays in Paris before arriving in London. Staging your own play requires a lot of distance with regards to the text and modesty. You need to accept the changes to the text and the fact that actors take control over the characters.

FRL: You were very active on Facebook to find sponsors. Tell us, how does it work in the UK to find financial resources for a theatre production on that scale?

It is hard to find sponsors who would trust you and your project. With new media, however, and social networks, it’s easier to promote yourself. I put in place the « fund crowding » where random people can support your project by giving as much as they want. In exchange, they get presents. In the case with Madame Pipi, we are giving away theatre tickets.

FRL: You had several roles in this production: producer, author, theatre director. How did you manage to juggle all the roles?

I have to say that it wasn’t easy every day. I’m quite organised and I knew where I was going. Finally, I realised that the author had already finished her job since long before and it was time for the director to step in. The producer was working on other days!

FRL: The « Madame Pipi », or the toilet lady, we don’t see them that often anymore. It is a little bit out-dated. Have you met real toilet ladies when you were writing your play ? If yes, what did they tell you?

I love writing about unusual characters, who are not what people are used to see. I didn’t meet any toilet ladies but I observed quite a lot, I went to a lot of toilets! I couldn’t stop observing their work. I also did a lot of research, I read articles. The toilet ladies are still very popular in Belgium, for example, here it’s an extinct profession.

FRL: If you had to give your play to a famous film or theatre director, who would it be?

I would have loved the Splendid troupe to act in this play! I can see Josiane Balasko very well in the role of Madame Pipi.

FRL: There are a lot of young French theatre directors and actors in London. There is support and competition. Do you think there is a style, a school, a genre that is developing in French theatre on this side of the Channel?

I don’t think that there is a particular style. It’s true that we all know each other but we all do very different things. The goal is always the same to entertain the public with French theatre!